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Mamadou la mine Dramé, sa doctrine religieuse |
Un grand merci au Pr Yaya SY (Anthropologue, Professeur d'Histoire)
Doctrine religieuse de Mamadou Lamine Dramé
Mamadou Lamine Dramé est surnommé le favori de Dieu (Allah komo ciré). Il commence à prêcher le Jihad après la visite du commandant de Bakel en décembre 1885. Il est proche du Tidjanisme d'El Haj Omar Tall, mais s'en éloigne par les réformes de la "tarikha" (voie à suivre, conduite) et du "dzirh" (chapelet ou formule d'oraison de la prière). Mais l'esprit révolutionnaire du Tidjanisme est conservé par rapport au Kadérisme. Il abrège la prière ( à cause des voyages et de la guerre ?). Il écrit un ouvrage méconnu "Au bonheur des âmes dans la prière abrogée, elle n'est pas un pêché". Il a le "karama" plus une bibliothèque.
Selon la légende, un jour ils étaient quatre à demander à Allah un voeu qui leur était cher.
Devenir chef d'école coranique supérieur (ou moïssi) dirent les trois compagnons de Mamadou Lamine Dramé que sont
- Amara Jaaxo de Koughani ( grand père d'El Haj Hamidou Tandjigora)
- Fodé Idrissa de Bangassi (installé ensuite à Sarnati et Waoundé ?).
- Alxali Janguina de Lani
- Quant à Cheikh Mamadou Lamine Dramé il déclara : "Je veux diriger une armée de croyants pour aller convertir les infidèles" demanda t-il à son Dieu.
En un mot, disons que Mamadou Lamine Dramé n'est pas l'auteur d'une doctrine politique, religieuse, ou laïque, mûrement élaboré et mis en pratique à travers une action de masses.
Politique d'alliance dans son combat contre les français
Dès le départ on note quelques erreurs :
- La stratégie de neutralisation des Français aurait peut-être mieux marché s'il n'avait pas prêché le Jihad immédiatement après sa visite au commandant Lefranc à Bakel en décembre 1885 à qui il avait donné des garanties contraires.
C'est l'attaque des soldats français au niveau du gué de Sassi Maxana le 14 mars 1886 entre Bakel et Koughani qui mit fin au doute des Fraçais quant aux véritables intensions du marabout.
- Par ailleurs l'attaque du fort de Bakel le 4 avril 1886 a été, en mon sens, une grande erreur stratégique de Mamadou Lamine Dramé; elle est venue conforter les convictions fraçaises que Mamadou Lamine Dramé était un ennemi potentiel de l'oeuvre de colonisation, bien qu'elle ait surpris les N'Diaye de Bakel qui ne croyaient pas qu'un des élèves de la Grande école coranique de Bakel allait attaquer leur ville (cf. texte de Yaya Sy : "La Bataille de Bakel" ). Cependant, il aurait pu se contenter de la défaite du Boundou et continuer son chemin vers Gamon où il avait l'intention de se venger de l'humiliation d'emprisonnement qu'il avait subie quand il avait jadis 20 ans lors de la entre le Kamméra et le Tenda.
Mais au lieu de cela, il poursuivit les fugitifs du Boundou jusqu'à Bakel.... C'est cette guerre qui lui a été fatale.
Même la guerre contre le Boundou n'était pas absolument indispensable, il aurait pu, soit continuer à les persuader soit contourner le Boundou par le sud.
- Mamadou Lamine n'a donc pas su tisser une alliance avec le Boundou musulman avant de demander de traverser ce territoire.
Par ailleurs, même Sina Hawa de Tuabou était resté sceptique face à ce qu'il appelle "une nouvelle affaire de Sixu qui risque de nous coûter cher en vies humaines comme lors du passage d'El Haj Omar..." (Dogo Jawara). Cette position de méfiance est due au manque de concertation entre les rois et le marabout soninké. Les aristocrates se méfient toujours du pouvoir temporel des marabouts... d'autant que les Français avaient déjà pris une partie du pouvoir.
Les monarques des royaumes environnants n'ont donc pas été "déliés" de leur traités avec la France... et "reliés" au marabout par une démarche diplomatique réfléchie. Ils ont eu un réflexe de peur et se sont repliés sur leur pouvoir surtout en ce qui concerne le Boundou.
Les démarches entreprises auprès Ahmadou Boubacar du Fouta, les missives et émissaires envoyés à Samory, Aguibou (père de Ahmadou Cheikhou) de même que le soutien de Saër Mathi Elimane du Saloum ou celui des Alfa du Fouta Jaalon, tout cela est resté infructueux au moment décisif contre l'ennemi commun de l'époque qu'était le colonialisme agressif et expansioniste des Frey et autre Galliéni.
Il manquait à Mamadou Lamine une différenciation claire et pragmatique entre stratégie et tactique, une vision militaire de son combat combinée à l'habileté politique et au sens pratique du contact humain, le tout articulé à ses ambitions de réunification du peuple soninké sous la bannière de l'islam.
Autre exemple la rivalité avec Ahmadou n'a pas été analysée avec soin car il fallait "neutraliser" Ahmadou ou en faire un allié, sinon il fallait comme il l'a fait, se battre sur deux front : contre les Français et contre les Toucouleur du Fouta qui commandaient les pays soninkés hormis le Gajaga.
Autres Informations orales
Mamadou Lamine est un Dramé Saama.
Autres Dramé : Kandji, Fadiga, Farikoro, Korima.
Une partie des Diaxankés du Boundou sans soutenir Mamadou Lamine Dramé contre le Boundou, lui donnèrent des soldats...
Sources orales :
-M L D serait mort à Kayihaïdi ? (Ahmadou Amadi Sy) ou à Kounti ?
-Siré Houlèye serait le roi du Boundou à l'époque (était-il un chef de village ?).
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Dim. 6 Juil. 2008 -
04:58
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