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Mamadou Lamine Dramé, par le Pr Yaya SY


Mamadou Lamine Dramé et la Résistance

Un grand merci au Pr. Yaya SY (Anthropologue, Professeur d'Histoire)

En tout cas, de retour de l'Hégire en 1878, il a la prestance, la voix sûre et passionnée, le visage serein ; et sa réputation de grand marabout ne tardera pas à être faite.

De retour de la Mecque, à quelques journées de marche de Tombouctou, le roi lui envoie ses soldats pour le capturer ; à la vue de la troupe, Mamadou Lamine Dramé se prosterne vers la tombe du prophète avec détermination, imité dans ses gestes par le petit groupe d'accompagnateurs ensemble ils demandent la victoire à Allah. Il fonce ensuite vers le détachement ennemi qui resta paralysé par la témérité du marabout et le laissa passer. Il rejoignit Tombouctou qui lui ouvrit ses portes.

Il se rend ensuite à Hamdallahi où le reçut à bras ouverts Tidjani, le neveu de El Haj Omar qui lui offrit en mariage une jeune esclave.

A Ségou il fut moins bien accueilli par Ahmadou le chef des croyants de l'Ouest et successeur désigné de Omar Tall. Il lui retire son épouse (offerte par son cousin à Hamdallahi) et le déclare "faux prophète". A ses gardes il donne l'ordre de d'arrêter et d'exécuter Mamadou Lamine Dramé. Mais les hommes du Sultan non seulement refusent d'exécuter les ordres, mais se prosternent devant le saint homme. Décontenancé le marabout toucouleur décide de l''isoler dans les ruines d'un ancien village situé à quelques kilomètres de Ségou qui est devenu dès lors "Salam". De "Salam" il se rendait régulièrement à la prière dans la mosquée du roi où il se fit beaucoup d'adeptes et de talibés...

Ahmadou jaloux envoya des guerriers sûrs brûler "Salam" de nuit et y assassiner Mamadou Lamine Dramé. Les soldats, selon la légende, furent reçus par huit grands poissons aux gueules grandes ouvertes... sur les palissades du village. Les soldats du sultan retournèrent à brides abattues à Ségou. Dépité, Ahmadou lui-même prend la tête d'une troupe et se rend au village où le même scénario se reproduisit... ses soldats s'enfuirent de nouveau et Mamadou Lamine Dramé lui jeta : " fils de El Haj Omar, tu as renié ta foi, je t'adjure de rentrer dans ton palais".

Fin mai 1885, Ahmadou s'absente de Ségou et confie le pouvoir à son fils Mad'hani qui alla trouver le marabout à Salam pour le libérer malgré "la désapprobation de mon père" dit le jeune roi.

"Qu'Allah te bénisse, j'attendais ce moment depuis si longtemps" lui répondit le marabout en guise de reconnaissance.

Mamadou Lamine Dramé rêvait de reconstituer l'empire d'El Haj Omar dont le fils Ahmadou s'est discrédité à ses yeux. Il rêvait de recréer l'empire du Wagadu sur les territoire occupés par les 50 000 Soninké vivant dans les royaumes jouxtant le Niger, le Sénégal, la Falémé jusqu'aux contreforts du Fouta Jaalon, de la haute Gambie, et de la Casamance, en passant par le Boundou et la Bambouck où sont dispersés des Soninké mélangés aux autres populations des villages.

Un événement va marquer le jeune Mamadou Lamine Dramé, vers 1860, le Kamméra musulman envahit Gamon, ville prospère du Tenda, et Mamadou Lamine Dramé est fait prisonnier pendant plusieurs mois et jure de se venger.

Avant d'aller à la Mecque, il séjourna au Fouta Tooro ancien foyer de l'Islam et connut Abdou Boubacar roi du Fouta qui deviendra en mai 1886 l'ennemi du marabout en envoyant des troupes au Guidimaxa en échange d'une vague promesse du commandant Combes de lui céder le Damga après le guerre. C'est du Fouta que Mamadou Lamine Dramé partit pour la Mecque (en 1871 ? ).

En juin 1885 après Ségou, il se rend à Niamina où il est salué comme le Mahdi, puis à Toubacoura où les notables lui demandent de lever une armée contre Ahmadou. A partir de Bamako il suit les postes français en passant par Koundou, Kita, Bafoulabé (où le lieutenant Savage se montre méfiant envers le marabout). Mais à Médine le lieutenant-colonel Frey commandant supérieur du haut fleuve s'assure de "l'allégeance" de Mamadou Lamine Dramé et de son hostilité à Ahmadou.

Retour fastueux à Goundiourou où il est reçu par le roi du Khasso Dioukha Sambella. Sa renommée est déjà grande dans tous les pays soninkés. Avant son départ pour le Niger, Frey convoque Malamine à Kayes pour s'assurer de ses intentions pacifiques. Le marabout le rassure et lui fait part de son intention de se rendre à Bakel pour une visite de courtoisie. Il a l'aval du lieutenant-colonel à condition que ses accompagnateurs ne soient pas armés.

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Début décembre 1885, il quitte Goundiourou pour se rendre à Bakel. Il passe par tous les village du Kamméra et du Goye supérieur où il est reçu avec faste, en particulier à Dramanné célèbre village de marabouts soninké et à Lany Mody village des non moins illustres Khontélankos. A Bakel, il rend visite au commandant du fort et réaffirme ses intentions pacifiques envers les Français.

Mais la région avait connu des troubles dans les années soixante-dix notamment avec le commandant Zimmerman qui a fait frapper des notables de Bakel et menacé de brûler des villages. Cette région de l'aveu même de Frey "n'était plus sûr pour les Français" et n'avait donc pas pansé ses plaies. Frey est d'autant plus préoccupé qu'en Europe la Conférence de Berlin vient de s'achever et la course poursuite pour les conquêtes territoriales est bel et bien engagée entre les puissances impérialistes européennes...

Quant à Mamadou Lamine Dramé, aussitôt après cette visite de courtoisie à Bakel, il se rend une première fois chez Sina Hawa roi du Goye inférieur à Tuabou pour lui demander une armée. Celui-ci s'était déjà rendu à Bakel pour mettre en garde les Français contre le prosélytisme du marabout mais il lui a été signifié que Mamadou Lamine Dramé ne veut attaquer ni les Français, ni les royaumes musulmans environnants ( Guidimaxa, Gajaga, Boundou , Fouta, Jafunu, etc.) Le Tunka après avoir opposé une fin de non recevoir à sa requête, finit par y consentir du bout des lèvres.

Il mit sur pied une armée de 2000 hommes au début du mois de janvier 1886 (A. Bathily soutient que c'est à Diawara que se situe son Quartier Général, mais ce n'est qu'après les batailles du Boundou et de Koughani qu'il installe une partie de son armée au Goye inférieur entre Manaël et Diawara). Profitant du décès de Boubacar Saada, l'Almamy du Boundou, survenu le 18 décembre 1885, il se rend ensuite à Balou d'où il enclenche une intense campagne de prêche du "Jihad" et se proclame "Mahdi de l'Ouest." Le marabout soninké s'adresse au début du mois de janvier 1886 au nouveau roi du Boundou Omar Penda, aveugle et déjà affaibli par la lutte de succession au pouvoir avec Ousmane Gassi l'énergique fils de son frère défunt.

Avant l'attaque du Boundou, à Balou, Mamadou Lamine Dramé reçut la visite du commandant Lefranc et de quelques traitants de Bakel, qui lui recommandèrent vivement de renoncer à son projet d'aller à Gamon "combattre les infidèles". Tout en refusant, il ne comprend pas la défiance des Français et du roi du Boundou à son égard car soutient-il, ils n'ont rien à craindre.

Le prophète demande alors au nouveau roi du Boundou l'autorisation de passer sur son territoire, mais celui-ci met en avant les accords d'alliance conclus avec les Français selon lesquels aucune armée ne doit traverser son territoire sans l'accord de ses alliés.
"Alors, lui dit le marabout, prends ton chemin et laisse moi passer sur celui de Dieu." Rien n'y fait, la réponse reste inébranlablement négative.

A titre préventif Oumar Penda quitte Sénoudébou pour Boulébané mieux protégé et en meilleur état de défense. Le marabout rentre à Sénoudébou sans un coup de fusil. Ousmane Gassi est à Dianwéli où ira camper le chef religieux. Le prince du Boundou refuse de recevoir Mamadou Lamine Dramé qui brûle le village, Ousmane Gassi se réfugie à Bakel où il fut bien reçu. Après Dianwéli, Boulébané est encerclé et détruit à son tour en janvier, le roi s'enfuit vers le Fouta (?) en Février 1886.
A Goundiourou village natal de Mamadou Lamine Dramé, sa maison est encerclée et prise d'assaut par la 2è compagnie de tirailleurs commandée par le capitaine Ferrat. Trente quatre personnes sont arrêtées manu militari et transférées à Kayes, c'était le 13 mars 1886.

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Après sa victoire sur le Boundou, Mamadou Lamine Dramé s'installe à Koughani à 9 km de Bakel. Cette fois-ci le commandant Lefranc lui envoie, ce même 13 mars, une troupe de 87 hommes dirigée par le capitaine Joly pour lui enjoindre de disperser ses troupes, Mamadou Lamine est prévenu secrètement par Alpha Séga interprète à Bakel. Le marabout tend un piège aux soldats français au gué de Sassi Maxana et réussit à battre la garnison (10 morts côté français dont deux officiers et 36 blessés ; et 150 morts côté marabout selon le rapport français).

Un canon est abandonné sur le champ de bataille. Alors, se répand dès le 14 mars 1886 comme une traînée de poudre la nouvelle de la victoire de Malamine, l'enfant prodige du soninkara sur les Blancs, en même temps que germait le mythe de son invincibilité... On raconte partout qu'il est capable de faire fondre les boulets de canon des Toubabs en les transformant en eau ou en glace, ce coup de tonnerre vient renforcer une renommée déjà bien établie de prestidigitateur même chez les animistes, grâce au "karamâ" (ou mukhadama en soninké) un livre saint dont les versets servent à maîtriser le surnaturel.

Après Koughani, il se rend une nouvelle fois chez Sina Hawa Boubou Sa Diabé le Tunka du Goye à Tuabou, petit fils de Samba Khoumba Jaama, pour lui demander de l'aider plus concrètement. Ce dernier jusque là sceptique accepte après la victoire de Koughani qui a grisé le marabout et enflammé la jeunesse de tout le Soninkara. Les jeunes loups de Tuabou ne sont pas en reste, ils demandent à leur Tunka de céder aux sollicitations pressantes du marabout et de lui donner une armée, mais en guise de réponse le vieux sage leur lança : "Si une pintade doit mourir dans une battue, elle n'entendra pas le son des tam-tams de cette battue (kenné nga kalla wallé bé, an ta ken wallé daghu mukku) ; La légende prétend que Sina Hawa est mi-homme mi-Jinn... un clairvoyant dont la vision transperce le temps... Par ce refus initial les Français lui épargneront la vie bien qu'il ait fini par se laisser convaincre par sa jeunesse en ralliant le marabout.
Les récits traditionnels ne parlent pas de l'épisode de Koughani selon Samané Sy et Dogo Diawara, il serait venu à Bakel en y poursuivant directement les fugitifs du Boundou.
Les forces en présence devant Bakel s'équivalent peut-on dire, dans l'enceinte de la ville, on avait le premier bataillon des tirailleurs avec 200 hommes armés de fusils Gras à tir rapide, 1100 auxiliaires et traitants, et 300 guerriers de Ousmane Gassi, le prince du Boundou. Bakel était bien pourvu en vivres et en munitions mais ses effectifs étaient limités malgré les quelques canons de 75 mm du fort.

En face, le marabout alignait 10 000 à 12 000 hommes armés de fusils de contre bande et de fusils traditionnels, de sabres, de coupe-coupe et d'armes diverses telles les lances, les harpons, et autres armes de pointe, etc. mais il n'y avait pas de flèches. Avant l'attaque, l'armée de Mamadou Lamine Dramé stationnait pour moitié dans le Goye inférieur entre Tuabou et Diawara et pour moitié dans le Goye supérieur entre Koughani et Balou. Les combattants de cette troupe hétéroclite et peu disciplinée étaient là pour diverses raisons : une foi inébranlable pour les talibés, l'appât du gain pour d'autres, le prestige pour les jeunes guerriers de l'aristocratie, dont certains étaient animés de la volonté de se débarrasser du pouvoir colonial estimant souvent que les "vieux ont cédé trop de choses aux Blancs", etc. Pour d'autres jeunes, la guerre était une épreuve initiatique qui comblait un profond désir d'émancipation et qui permettait en même temps de s'enrichir et de détenir des esclaves... Il y en avait, pour ainsi dire, pour toutes les motivations.

Le 1er avril, Mamadou Lamine Dramé attaque Guidimpallé sans succès, selon le récit des Français. Toujours selon cette même source, le 3 avril, de 10 heures à 12 heures, les troupes venues de Tuabou et Koughani attaquent de concert en trois colonnes nord ouest et sud la porte de Modincané située au nord aurait été ouverte par les marabouts de Bakel hostiles aux Blancs et acquis à la cause de leur parent et coreligionnaire. Les troupes régulières affluent pour colmater la brèche ainsi ouverte.

Le 4 avril, Mamadou Lamine Dramé galvanise ses troupes : "j'irai prier la prière de 14 heures à la mosquée de Modincané" L'assaut final est donné. Les côtés nord et sud résistent, mais l'ouest cède... la ville est mise à sac et brûlée tandis que le fort résiste... Le siège dure quatre jours, Bakel plie mais ne cède pas.

Selon les versions de notre oncle Samané Sy et de Dogo Diawara, l'attaque n'a eu lieu que le samedi (3 avril) et seul le sud a tenu, le nord et l'ouest ont cédé. D'après le récit de Samané Sy les Bakélois ont envoyé des repas de bienvenue aux troupes le vendredi 2 avril ... Ce qui suppose que les soldats du marabout étaient devant les portes de la ville depuis au moins jeudi 1er avril 1886. Ce propos contredit la version française d'attaque les 1er 3 et 4 avril. Selon lui, une délégation composée du chef de village Diabé N'Diaye, du commandant du fort Lefranc, et du notable Aly Camara, s'était rendue à Fandalé pour sonder les intentions du marabout envers Bakel. Ils auraient été reçus à coup de fusils par les talibés qui les ont reconnus pour avoir fait leurs études coraniques à Bakel (cf texte intégral de Samané Sy).

Mamadou Lamine Dramé après le 4 avril renonce à s'emparer du fort. Il divise ses troupes en deux, une moitié continue le siège et l'autre moitié va à la rencontre de la deuxième Compagnie de tirailleurs composée d'un détachement d'infanterie et d'une pièce de canon venant de l'expédition du Niger renforcer les troupes de Bakel, un léger accrochage eut lieu à Boula, plaine inondable du sud de la ville. On sait que la troupe était essentiellement composée de gens du Jafunu du côté des forces du marabout, d'où l'idée répandue que Folo-Bou est la tombe des Jafunankos.

Après la bataille de Bakel dirigée par Souraxé Diawara, Mamadou Lamine Dramé prend la route du Kamméra en partant de Balou le 12 avril pour arriver aux environs de Kayes le 19. Mais les 21 et 22 avril, le lieutenant-colonel Frey brûle et rase son village natal Goundiourou, puis Maxana, Dramanné sur la rive gauche. Le marabout et tous les Soninké, la rage au coeur, attaquent les Français à Tambokané fortifié par Frey mais le marabout ne réussit pas là aussi à faire la décision...

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Il retourne alors à Bakel et se propose d'aller conquérir Gamon et le sud-ouest, ensuite, il reviendra en force rencontrer son fils Souayibou qui restera sur la rive droite du fleuve pour réorganiser la résistance. A son retour, ils prendront les Français en étau entre le Guidimaxa et le Gajaga (en avait-il trop dit en écrivant une lettre dévoilant son plan aux Français ? Frey avait-il besoin de tels arguments pour poursuivre sa politique de terre brûlée ?). Il demande aux troupes du Gajaga d'attendre le retour de Souayibou en face sur le fleuve, de Tuabou à N'Gorlou (peut-on rester longtemps hors de son village jusqu'à une date indéterminée ?) et celles du Kamméra de Bakel à Kayes.

De Bakel Souayibou se rendra au Jafunu sur la rive droite tandis que son père prendra la route du Boundou. Mamadou Lamine Dramé lève le camp de Balou le 23 avril, et le 24, il arrive à Kidira. Il n'eut pas le temps de s'asseoir dans la case préparée pour l'accueillir, qu'une des deux colonnes françaises dirigée par le commandant Houry (l'autre commandée par le commandant Combes sévit sur le fleuve avant de bifurquer sur l'affluent à l'ouest), envoyées à ses trousses dans le plus grand secret par Frey attaquent les 500 cavaliers et 200 à 300 fantassins de Mamadou Lamine Dramé, plus les porteurs, les femmes et les troupeaux du marabout...

Protégé par ses fantassins, Mamadou Lamine Dramé monte précipitamment à cheval au milieu de ses cavaliers sous le feu nourri des spahis suivis des auxiliaires de Ousmane Gassi arrivé de Bakel avec Frey en personne.

Par manque de vigilance le bilan de Kidira après cette attaque surprise est catastrophique pour le marabout qui perd plusieurs de ses fantassins, 600 captives..., le bétail. Dans le butin on compte sa bibliothèque personnelle, jadis portée par 24 personnes qui est également confisquée par Frey.

Le 25 avril les Français sont à Sénoudébou sur les traces du marabout, mais pour la première fois la ville est brûlée à titre d'avertissement à l'intention des Français afin de les faire réfléchir sur leurs actes criminels commis à l'encontre des populations du Guidimaxa et du Gajaga.
Le lieutenant-colonel Frey revient à Bakel, mais on notera qu'entre le 10 avril et le 24 mai des opérations de guerre larvée sont menées contre le Gajaga et le Guidimaxa où les Français pratiquent "la politique de la terre brûlée". Mais auparavant ils se sont assurés de la neutralité active de Ahmadou surtout au Jafunu où, après avoir reçu une lettre de Frey l'invitant à réprimer le Guidimaxa, le souverain toucouleur se dit occupé au Karta... Ce qui laisse le champ libre aux Français dans le Guidimaxa...

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A Bakel, le 29 avril, on fait le bilan des opérations dans une partie du Guidimaxa et du Kamméra, sont présents ce jour : Frey, Combes et Lefranc principalement. Après les départs de Mamadou Lamine Dramé et de son fils il faut maintenant "s'occuper" rapidement du Goye et du Guidimaxa et y briser toute velléité de résistance. Sur instructions du marabout, les populations avaient traversé le fleuve pour aller s'installer sur les bords de Gorlou, un marigot de la rive droite entre Tuabou et Manaël. Dès le 30 avril, Frey en personne dirigera les opérations militaires contre les 2000 guerriers soninké chargés de protéger les civils.

Attaqués par surprise au niveau de Tuabou sur( la rive droite, ils se dispersèrent dans le Guidimaxa après plusieurs heures de combat. Ousmane Fall interprète du poste de Médine sera chargé après la défaite de rançonner les populations du Goye ; il revient à Bakel avec 2000 têtes de bétail et des centaines de prisonniers.

Le 2 mai, les stocks d'arachides et de mil de Diawara sont pillés et évacués vers Bakel.
Selon les griots, les métaux précieux soutirés aux populations vaincues reviennent aux Français, le bétail, les esclaves, et surtout les femmes, sont répartis entre les Africains en fonction de leur degré de collaboration...

Combes après la bataille de Gorlou alla rencontrer Abdoul Boubacar roi du Fouta de passage à Dembacané à qui il promit oralement (promesse qui ne lui coûte pas un clou) la cession du Damga en contrepartie de son engagement auprès des Français dans le Guidimaxa. Il envoie aussitôt un contingent de 2000 hommes qui se présentera dès le 22 mai face à Samba Kandji abandonné par ses habitants.

Ce même 22 mai après Guémou, les troupes coloniales dirigées par le colonel Frey et les auxiliaires du Fouta entrent à Coumbadao également abandonné de ses habitants mais qui sera tout de même incendié. La colonne meurtrière de Frey après avoir dévasté l'ensemble du Guidimaxa, atteindra Kayes fin juin. Nous noterons que les Maures qui connaissent bien le Guidimaxa, lui serviront de guides dans ses expéditions de "pacification" à travers toute cette région durant les mois de mai et juin.

Au total après la bataille de Bakel, Frey a brûlé une centaine de villages. Il a surtout cherché à affamer ce qui restera des 50 000 Soninké qui auraient, selon lui, tous soutenu Mamadou Lamine Dramé ; on comptera 3000 à 6000 tués sans compter les blessés qui se comptent aussi par milliers ; ne sont pas comptés les victimes des épidémies et des famines causés par le pillage ou la mise à feu des greniers et des habitations. Du côté des colons, on dénombre 138 Européens morts, 65 tirailleurs tués (chiffres invraisemblable quand on sait que le système du "Carré" expose d'abord les auxiliaires, puis les tirailleurs et ensuite seulement les Européens qui sont au centre... du Carré).

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Après la mise à sac du Boundou, Mamadou Lamine Dramé se dirige vers le sud, s'installe à Diana dans le Diaxa, à 240 km de la Falémé. Dès la seconde quinzaine de juillet 1886, il attaque à nouveau le Boundou en partant de sa retraite de Diana, afin de libérer la route de Bakel en vue du projet de jonction avec Souayibou selon une idée de Souraxé Diawara; peut-être aussi pour sonder les lignes de défense françaises ? ou laisser s'aguerrir et s'enrichir ses soldats ?

Omar Penda roi du Boundou est capturé à Ficha à 40 km de Sénoudébou et est exécuté. Le 22 septembre le marabout soninké attaque Samba-Kolo dont la population fuit en direction de Sénoudébou. Le 23, il attaque Sénoudébou défendu par Yoro-Coumba et le sous-lieutenant Laty . Yoro Coumba sort du Fort et va à la rencontre du marabout avec une centaine de tirailleurs armés de fusils Gras. Mamadou Lamine Dramé se retire avec quelques pertes. La capitale du Boundou, Boulébané, est de nouveau occupée en octobre 1886.

Le 11 nov 1886, le lieutenant-colonel Joseph Simon-Galliéni arrive à Bakel à bord du Salamandre un aviso battant pavillon français, il est envoyé pour la 2è fois dans le haut Sénégal par le Général G Borgnis-Desbordes, en remplacement de Frey dont les "méthodes" sont timidement décriées à l'Assemblée Nationale. C'est "l'homme providentiel" du général qui doit "rétablir la situation désastreuse pour l'influence française dans cette région", juste après la ratification générale du traité de Berlin le 19 avril 1886. Dès son arrivée, il déploie une intense activité militaire entre le 16 nov. et le 10 déc.1886. Il donne des consignes précises à ses troupes composées de 108 Européens, 445 Africains qu'il arma désormais de nouveaux fusils kropatscheks à répétition rapide (qui remplacent les fusils Gras) et de nouveaux canons de 80 mm et 65 mm (qui remplacent ceux de 75 mm). On distribue 120 cartouches par fantassin, 60 par cavalier, 36 par homme armé de revolver. L'Afrique est-elle devenue un champ clos d'expérimentation des nouvelles armes et des nouvelles techniques de combat pour les Européens ? On peut au vu de l'armada français déployé à Bakel répondre par l'affirmative.
En tout cas, la logique d'expansion coloniale exige la "liquidation" rapide de toutes les oppositions africaines à la pénétration coloniale au vu de la concurrence acharnée dans "la course à la colonie" que se livrent les Européens en particulier Français et Anglais dans la zone.

L'objectif de Galliéni est donc clair, il consiste tout d'abord à en finir rapidement avec cette épine gênante au pied que constitue le marabout soninké, avant de poursuivre son avancée vers de plus grandes et plus glorieuses proies que constituent Samori et Ahmadou. Il décide l'envoi de deux colonnes vers Diana capitale de Mamadou Lamine Dramé dans le Diaxa et qui doivent y faire leur jonction le 25-12-1886 très précisément. L'une sera dirigée par lui-même à partir d'Aroundou, où il s'installa dès le 19 nov., et fera escale à Sénoudébou (Sénoudébou est déjà fournie secrètement en armes, munitions et ravitaillement) D'Aroundou, il ruse déjà avec Ahmadou à qui il a néanmoins envoyé des cadeaux via ses anciens amis de Nango, tout en épiant les espions du Toucouleur sur la rive droite venus l'espionner eux aussi... L'autre colonne sera dirigée par le commandant Vallière, elle se rendra discrètement à Diamou à quelques dizaines de kilomètres à l'est de Kayes et passera par le village de Bontou (ravitaillé tout aussi secrètement que Sénoudébou) sans éveiller la curiosité ni des Soninké du fleuve, ni de Ahmadou. Deux espions serviront d'éclaireurs en sillonnant le Boundou et le Bambouck jusqu'à Diana comme simples explorateurs, il s'agit des capitaines Quiquandon et Bonaccorci.

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Le 25-12 Galliéni est devant Diana, Vallière également, malgré un retard initial considérable dû à un trajet chaotique. Mais au grand désespoir du commandant supérieur du haut Sénégal, la capitale du marabout a été abandonnée précipitamment le 24, la nouvelle de l'arrivée des deux colonnes n'était pourtant parvenue au prophète que très tard... C'est la mort dans l'âme, qu'il quitta Diana pour Toubakouta, abandonné semble t-il, par de nombreux partisans effrayés par la confrontation avec les Blancs, à qui il avait promis que jamais ces derniers ne viendraient le chercher dans ce pays. Galliéni envoie une colonne volante dirigée par le capitaine Robert à la poursuite du marabout en direction du Niani, celle-ci a été attaquée par les talibés non loin de Kagnibé le 27 décembre. Elle a été obligée de battre en retraite. Sur le chemin du retour, la colonne capture 17 femmes de la suite marabout, elles seront réparties entre les spahis. Galliéni déçu, repart dès le 2 janvier pour le fleuve après une mission qu'il considère comme un échec personnel.

De son côté, Ahmadou veut retrouver son autorité bafouée dans les pays soninké que sont le Guidimaxa et surtout le Jafunu. Il intervint en personne contre Souayibou à Gori qu'il assiège de décembre 1886 à avril 1887, avec comme base arrière Kirani (khaniaga) situé au sud-est de Koniakary. Après plusieurs tentatives infructueuses, Souayibou et ses fidèles tentent une ultime et héroïque sortie de nuit par deux portes forcées en même temps contre les soldats toucouleurs. Ils se retrouvent comme prévu hors du village dans la savane et foncent en direction du fleuve.

Mais, sur le fleuve, de Tuabou à Diamou les Français veillent à tout mouvement de troupes. Galliéni a déjà envoyé une lettre d'intimidation à tous les villages tant du Gajaga que du Bamouck, du Diakha et des autres royaumes jouxtant la Gambie, le Sandougou et le Niériko. Sur le fleuve, le lieutenant Reichemberg veille sur Médine et Kayes et est prêt à "châtier" toute connivence avec Souayibou. Ce dernier, échappé à Gori est poursuivi en vain par Amadou Omar Elimane un commandant d'Ahmadou. Le fils du prophète couvre semble t-il d'un trait les 150 km de route qui séparent Gori du fleuve.

Souayibou en quittant Gori pour le fleuve, voulait éviter l'encerclement, mais Ahmadou a déjà, selon les sources françaises averti Reichemberg qui va à la rencontre du fugitif et met discrètement des tirailleurs sur les deux rives. Le fugitif veut traverser à Dibokori, il est pris au piège au milieu du gué. Un véritable carnage s'en suivra après que les cavaliers soninkés se furent engagés dans le fleuve pour traverser, on leur tirait dessus des deux rives du fleuve. Le fils du marabout désespéré par le massacre de ses hommes se rend. Il sera jugé par une cour martiale composée de soldats et de traitants venus d'urgence de Bakel à cet effet. La cour est dirigée par le lieutenant Reichemberg qui obtient l'aval de Galliéni et du Gouverneur du Sénégal. Souayibou est condamné à mort.

Après la sentence il demande à Reichemberg : "pourquoi frappes-tu la main qui a exécuté, et non la tête qui a ordonné ?" Il reste serein et veut mourir avec dignité. Quand Reichemberg lui demande s'il n'a rien à dire il répond :
-Remercie le colonel de me tuer avec ses fusils et de ne pas me rendre indigne du séjour d'Allah". Exécuté, il est enterré sous un énorme baobab près de l'embouchure de la Falemmé devant Gouthioubé.

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En juillet abattu par la mort de son fils, Mamadou Lamine Dramé demande sa soumission au Gouverneur du Sénégal à Saint-Louis, militaires et administrateurs commencent à jubiler... Mais de Toubakouta sa nouvelle capitale, il se ressaisit en réorganisant en peu de temps un empire entre la Gambie, le Saloum, et le Diakha avec de nouveaux guerriers du Niani, du Saloum, et du Sandigui venus grossir les rangs des Soninké. Une expédition est envoyée contre le Ouli avec destruction de Nétéboulou qui n'opposa pas une résistance farouche mais dont le roi a été néanmoins exécuté avec le reste de la famille royale. En septembre 1887, il est devant Macadiacounda autre gros village du Ouli qui est assiégé et détruit à son tour.

Retour de Galliéni le 11 nov. 1887... à Bakel, où une délégation du Ouli venue réclamer la protection des Français est reçue. Galliéni installe le capitaine Fortin au Bani à la tête de deux compagnies de tirailleurs et d'une section d'artillerie destinées à former la puissante colonne volante de Gambie qui doit désormais être à la fois discrète et mobile. Fortin est chargé de ramener Mamadou Lamine Dramé "mort ou vif". Il a sous son commandement 250 hommes armés des nouveaux fusils Kropatscheks avec 200 cartouches par soldat deux canons de 80 mm de montagne avec 100 coups par pièce et les cavaliers du Boundou commandés par Ousmane Gassi.

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Fortin quitte Niériko le 28 nov. pour Toubacouta dans le plus grand secret. Dès le 3 décembre il est proche de la ville, le 4 il est Barocounda, la troupe est cachée en brousse. Le 5 il est à Siné. Il demande aux villages du Niani de surveiller tous les gués du Sandougou et demande au roi du Fouladougou Moussa Molo sur la rive gauche de la Gambie de s'avancer sur Toubacouta par le sud et l'est, la colonne française arrivera du nord... Mamadou Lamine Dramé ne pourra plus fuir comme il y a un an en décembre 1886 à Diana.

La nuit du 8 décembre la troupe est devant Toubacouta, mais Mamadou Lamine Dramé a quitté le village sur conseil de Ahmadi Boré vers le Sandougou. Mamadou Lamine avait reçu un message que les Blancs faisaient mouvement vers Toubakouta sans que nul ne sache où ils étaient et à fortiori s'ils étaient déjà devant les portes de sa cité... Il n'avait pas de services de renseignements efficaces.

Les Français s'installent sur la colline et le 8 au matin, quand Ousmane Gassi atteint la crête de la colline qui surplombe le village, l'alerte est donnée dans le village. Les guerriers soninké se lancent à l'assaut de la colline. Il n'étaient qu'à quelques mètres des troupes françaises quand les principaux chefs sont tués (dont Souraxé Diawara et Ahmadi Boré) alors qu'ils avaient presque vaincu... Ils se replièrent brusquement dans le désordre, poursuivis aussitôt par Ousmane Gassi jusqu'au village, à dix heures du matin Toubacouta était à feu et à sang, c'est la victoire quasi définitive des Français sur les troupes du prophète. L'absence du prophète a été catastrophique, et aurait permis de galavaniser les troupes et de faire largement la décision.

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Mais au lieu de cela, Mamadou Lamine Dramé s'engage dans une course folle pour sa survie à travers son propre royaume, où un travail de dissuasion en profondeur a été discrètement effectué par les services de renseignement de Galliéni en direction de tous les villages. Par ailleurs les pièges militaires placés le long des passages inévitables et des gués ont parfaitement fonctionné. Rejeté par les villageois par peur de représailles françaises, traqué sur les quatre point cardinaux par des hommes armés par Fortin, ses talibés les plus fidèles morts de fatigue dans une course-poursuite sans trêve, Mamadou Lamine Dramé n'est plus qu'un homme traqué par les armées coloniales et leurs alliées autochtones.

C'est ainsi qu'il est reçu à coups de feux aux gués de Oualia et Paquéba, à Coly Bentam le contingent change de camp... à l'arrivée du marabout. Il se dirige vers Maka Colibantan. Le 9 décembre on note l'arrivée de Moussa Molo à Toubacouta à 18 h il était averti depuis le 7 décembre. Il coupe lui-même aussitôt la route du sud sur la rive droite de la Gambie et lance ses troupes à la poursuite de Mamadou Lamine Dramé qui est rattrapé à Maka-colibantan. Les agresseurs sont battus par les troupes d'élite du marabout pourtant bien fatiguées. Le chef de village demande à Mamadou Lamine Dramé de partir car il a reçu des menaces de la part des Français.

Le 10-12, il quitte Maka pour Cissé Counda, mais les villageois apeurés l'empêchent de descendre de cheval. Il repart aussitôt vers le sud, mais ils aperçoivent Moussa Molo en personne, alors on bifurque vers l'ouest, les chevaux et les hommes ne s'arrêtent plus... les villages se ferment un à un devant eux : Countia, Carataba, Couting, Sona... les hommes n'en peuvent plus, les chevaux sont morts de fatigue et crachent du sang...

A N'Goga-Soukouta à 2 ou 3 km de la Gambie, ils s'arrêtent, mais le village est déjà cerné par les ennemis. Les habitants veulent aller prendre Mamadou Lamine Dramé pour le livrer à M. Molo, les Talibés s'interposent. Le chef de village met le feu aux cases... M Molo et quelques guerriers du Boundou profitent de la confusion pour rentrer dans l'enceinte, les Talibés se font tous tuer Mamadou Lamine Dramé résiste tout seul, il est blessé à la jambe par un coup de sabre d'un guerrier de Ousmane Gassi ; mais M. Molo ne veut pas qu'on l'achève. Le marabout est placé sur une civière, il perd beaucoup de sang, mais le cortège prend la direction de Toubacouta. A Couting Mamadou Lamine Dramé succombe à ses blessures, la foule s'agglutine et réclame sa dépouille à M Molo qui refuse de la leur livrer. Il confie le corps à son griot pour l'amener à Toubakouta où il va lui-même annoncer la nouvelle.
Le 12-12, on est toujours en route avec le brancard, mais les porteurs prennent peur devant le corps décomposé du marabout, de concert, ils abandonnent le griot tout seul et s'enfuient dans la brousse... Le griot tranche la tête du marabout qu'il accroche à l'arçon de sa selle et abandonne le corps. Il rentre à Toubacouta le lendemain avec le cheval blanc de Mamadou Lamine Dramé portant ses armes et ses gris-gris. Ses épouses et les proteuses seront réparties comme d'habitude entre les tirailleurs et les soldats fidèles aux Français.
Par Yaya Sy.

Les Hommes de Mamadou Lamine Dramé:

Souraxé Diawara Ministre de la défense.
Ahmadou Boré Cadi
Fodé Mama Soxona et son frère
Arounda Mama Soxona (marabout)
Seydi Cissé
Ousmane Soumaré
Nafé Tandia de Bakel..

Selon Mamadou Djiméra Cheikh Amara Diakho fut le conseiller principal de Souayibou à Gori.
Mais d'après les enquêtes d'Adrian Adams à Koughani, Amara Diakho est certes le fondateur du Moïssi de Koughani, mais c'est son fils Sikhou Joomo Tandjigora qui aurait pris part à la guerre de Mamadou Lamine. Il s'est rendu à Gori, après Gori il alla se réfugier secrètement à Guémou d'où il rejoignit Koughani grâce à la garantie donnée au commandant de Bakel par Bouna Fasounté qui soutint que le marabout n'a pas pris les armes et qu'il ne les prendra pas contre les Français. Sikhou Joomo aura comme fils Fodé Mamadou Tandjigora qui lui même est le père de El Haj Hamidou Tandjigora. Dans son livre, sont cités comme koughaninkos ayant pris part aux hostilités : Mamadou Demba Sow (grand-père de Jaabé Sow), Samba Hawa (l'intrépide guerrier qui délivra seul les troupeaux de Diaguily enlevés par les voleurs de bétail), Mussa Kaba, Amma Sow...


Les Guerriers BATHILY de TUABOU arrêtés ou morts par inanition après le siège de BAKEL.
Une vingtaine sont de Tuabou et dans tous les villages du Goye on en fit autant.
Madi Xumba Torodo
Ciré Khoumba
Boubou Founti (Taghala-ka)
Diabé Konko
Madi Konko
Silman Sindé
Ciré Khoumba

D'autres guerriers présents à Gorlou ont été ratissés après leur retour dans les villages et emprisonnés à Bakel ceux cités ci-dessus ; ils y ont été torturés à mort bien que Frey leur ait promis qu'il ne leur arrivera rien s'ils rentraient tranquillement dans leurs villages respectifs...
Bacary Soulé N'Diaye de Bakel qui prendra le parti de Tuabou sera assassiné sous son moustiquaire à son retour de maquis à Tuabou où on envoya un esclave des N'Diaye l'espionner. Le roi Moussa Kissi le successeur de Sina Hawa sera arrêté et assassiné par les Français pour ne pas avoir livré Bacary Soulé.
Quant à Baraka Gallé et Mody Jama, ils ont refusé de revenir à Tuabou après l'évènement, bien que Mody Jama fût le préposé Chef de village après Sina Hawa.

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Dim. 6 Juil. 2008 - 04:59