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Le siège de Gori , récit de Diadia Sira


Un grand merci au Pr Yaya SY (Anthropologue, Professeur d'Histoire)

Les Hommes qui ont soutenu SOUAYIBOU et qui sont tombés au champ d'honneur de GORI-XASSE assiégé

( Récit brut du griot JAJA SIIRA qui se dit JAJA TUNKA de Gori Xassé 1965 enregistré par Claude Meillassoux)

Sous le siège de Gori c'était Almami Doucouré qui était le chef des Doucouré du Jafunu.
Tamané donna le nom de Kabugu Demba Siina à son fils qu'on appelle également Kaman Jambu. C'est le grand père de Kaman Jambu qui a refusé le pouvoir du fils de Cheikh à Gori Xassé il est à le fondateur du front du refus.
Ce front du refus de Gori comprenait :

  • Kartigui Demba Siina
  • (Kama Jonghé Yakkari jonghé Yaaté jonghé Yaata Yugo (??)
  • Bougari Sita
  • Jaabi Sédina
  • Tama Loxoma
  • Niogoné Samba Loxoma
  • Jaabi Sédima eut comme fils Tama Loxoma et Niogoné Samba Loxoma, ce dernier dort avec les balles à Gouman Gooré (il n'eut ni une prière de marabout, ni un tombeau convenable ni à fortiori un linceul).
  • Tama Loxoma appela Séré Jaabi Silina qui frappa le taballé à Gori Xaassé à propos du secret du fils de Cheikh.
  • Séré Jaabi Sédima enfanta Kama Kandji : FR (front du refus)
  • Sida Fenda et Tama Fenda : FR
  • Tama Kangni : FR, il appela son fils aîné Saxadun N'Ciri Jaata : lui aussi du FR mort le mercredi de Gori.
  • Saxandu N'Ciri jaata eut comme fils Koli Gnani qui donna le nom de son père Saxandu N'Ciri Jaata à son fils, et ce dernier mourut le mercredi de Gori.
Ceux qui sont cités par le griot étaient selon lui "les hommes du front du refus," ce sont ceux qui ont détruit le secret du "Lam-Joulbés" (le chef des croyants de l'ouest), ils sont tous tombés le mercredi, de Gori-Xassé.
Ce "poye" est dédié aux 20 000 cavaliers de Gori qui ont fait face avec un courage sans faille aux 40 000 cavaliers du fils de Cheikh le nommé Ahmadou.
On frappa le Taballé et tous les fils de yato (les braves ?) se retrouvèrent devant les portes (de Bandji????)
A commencer par : Ammadi Kandji Mody le chef des cavaliers venus de Khérissighané au secours de Gori. Il rassembla les 144 mangu à son arrivée à Gori, et il déclara : "J'ai entendu dire que le fils de Cheikhou, le nommé Ahmadou a déclaré depuis Nioro que le monde lui appartient, que le Xandama apparu à Sanda lui appartient, mais qu'il sache alors, que je ne fais pas partie de ce monde-là (qui lui appartient), que ceux qui ont une frontière commune avec moi n'en font également pas partie, de même que ceux qui partagent une frontière commune avec mes voisins et les voisins de mes voisins, ainsi de suite..."
Il s'imposa comme chef militaire du front du refus de Gori Xaassé (?).
Ont disparu pour avoir "refusé" le mercredi de Gori Xassé :
  • Jaja Maagu
  • Sambou Gogné
  • Dabou Sen Gnaxalé
  • Séré Dama Mama
  • Yéli Wagué
  • Dibé Danga Fatouma
  • (Sérinbougari do Samba Silamaxa?????)
  • Samba Amara Daama
  • Mahamet Samboullé
  • Mody Jangu
  • Tama Sadiouma
  • Kandé Wouri
  • Samanlaba
  • Gnama Doumbé
  • Naban Bousséi
  • Massiga Fenda
  • Tiama Fenda
Il ne faut pas oublier Simankodi Dibari dont les faits de guerre face aux Toucouleur restent désormais légendaires.
Ce sont ceux-là qui commandèrent aux 144 Grands-Mangus, ce sont ceux-là qui furent les piliers du front du refus de Goori-Xaassé. Ce sont eux qui ont signé les accords secrets avec Archinard. Signer un accord secret est plus facile que d'en garder le secret et d'en respecter les clauses. Archinard a respecté le secret et les clauses de l'accord.
Autres nom auxquels est dédié Poye Jaaja Cira.
  • Sarissan-Xooré tombé au champ d'honneur à Boharna.
  • Banda Guessi à Tambaranxaaré
  • Jimmé Sanga Fatouma ibid
  • Massiga Séré ibid.
  • Séto Kankoummé Demba ibid
  • Founé Silanmadi ibid
  • Somankodi Dibari enfin dont les exploits à ce jour sont restés immortels.

Le Siège de GORI selon Ahmadou BÂ

Selon le texte de Ahmadou Bâ que nous résumons ici (Ahmadou Bâ 1980, 149-152),
le siège de Gori commença un mercredi matin et durera plusieurs mois. Nous savons que Souayibou le fils de Mamadou Lamine Dramé se réfugia au Jafunu Etat vassal de Ahmadou, un Etat qui se révolta et refusa de se soumettre au pouvoir du Toucouleur.

Une fois Ahmadou et son armée devant Gori les gens de la ville lui envoyèrent un Diawara pour négocier et Ahmadou désigna quant à lui Baba Ouoli Bô pour cette tache. Ensuite, les citadins assiégés désignèrent Dabousse Doucouré qui fut désavoué par Gori au point de rallier Ahmadou ; il sera par la suite rappelé par Gori après le blocage des négociations.
Mais auparavant, dès le premier samedi du siège, au soir, le Jafunu attaqua sans succès le flanc des gens de Ségou.

Après plusieurs semaines de combats acharnés et à chaque fois repoussés, les habitants tenaillés par la famine, attaquèrent un jour le flanc du Jomboxo vers cinq heures du matin, la bataille dura toute la journée jusqu'au coucher du soleil, mais encore une fois les assiégés furent repoussés vers l'intérieur de leur cité. Il gardèrent un temps leur calme, mais la famine rongeait la ville. Un soir, un groupe d'assiégés attaqua les Toronkés et furent repoussés alors qu'un autre groupe s'attaquait aux soldats de Ségou. Ce fut un engagement général des troupes des deux cotés, mais les assaillants, ce mercredi encore, furent repoussés dans l'enceinte de la vieille cité avec de lourdes pertes et des rescapés désespérés.

C'est alors que Gori demanda à Tierno Bocar l'homme de confiance d'Ahmadou d'appeler le nommé Silankonna à Gory pour entamer les négociations. Celui-ci se rendit dans l'enceinte fortifiée et fut chargé de transmettre les doléances des gens de Gori et surtout leur soumission. Ahmadou accepta leur soumission et leur envoya Mamadou Bocar, Samba Lilé, Samba N'Diaye et une réunion eut lieu devant la principale porte de la ville.
Les nommés Bandiougou, frère de Silankonna, Simbara, Dabousse, Balandougou, Dabi Niakhaté et Boubou furent désignés pour les représenter auprès du Cheikh qui désigna Seydou Diéliya Touré de les faire jurer sur le Coran.

Sont autorisés à quitter Gori les ressortissants de Waoundé et de Sambakanni. Le reste de la population s'insurgea à nouveau et Souayibou put quitter Gori avec des habitants de Gori, Jongaga, Khérissighané, Kaméoulou dans une confusion quasi générale et prendre la direction du fleuve poursuivi par Amadou Oumar Elimane et ses cavaliers. Les hommes qui furent repris dans cette poursuite furent massacrés. Ensuite Ahmadou rassembla l'ensemble du Jafunu et procéda à une épuration sanglante avec 148 décapités par ses bourreaux Hadi et Arsigué. Il fit ensuite.

Les habitants de Tambaxara et leurs alliés qui étaient restés fidèles au sultan furent épargnés.
Cette version de A. Bâ est quelque peu contredite par les Français qui reconnaissent avoir été avertis par Ahmadou de la fuite de Souayibou de Gori vers le fleuve. Ahmadou se sachant surveillé par Galliéni voulait certainement soumettre tous les royaumes vassaux avant la bataille finale contre les Français et leur chef Archinard (à partir de 1888). Mais pourquoi Ahmadou n'avait-il pas soutenu Mamadou Lamine Dramé ennemi juré des Français depuis sa défaite de Bakel, pourquoi continuer d'être jaloux du marabout soninké alors que l'essentiel de la bataille devait être menée contre les envahisseurs étrangers ? Ahmadou a manqué de vision historique car, en réalité ce sont ces propres frères plus que les Soninké qui l'ont perdu en le trahissant. Il a bien vu après juillet 1886 que les villages soninkés avaient été brûlés par les Français... du Gajaga au Guidimaxa en passant par le Jafunu. Que lui fallait-il encore comme preuves supplémentaires de leur combativité pour s'allier avec eux ?

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Dim. 6 Juil. 2008 - 04:58