Soninkara

Societe
Coutûmes et traditions
Les Soninké et l'Islam
Organisation sociale
Fêtes Soninké
Le mariage Soninké
La Circoncision
Les migrations Soninké
Activités économiques
Cuisine recettes Soninké
culture
Contes Soninké
Proverbes Soninké
La tradition orale
Chants Soninké
Musiciens Soninké
Airs Soninké
Pièces de théâtre
Histoire
Légende de Wagadou
L'Empire du Ghana
La Colonisation
Personnes célèbres
Noms de famille
Les Griots
Langue
Dictionnaire Soninké
La DPLN du Sénégal
Harmonisation
Ecoles de Soninké
Artisanat
Outils traditionnels
La sculpture Soninké
La teinture Soninké
Tenues vestimentaires
Le tissage traditionnel
La poterie
localites
Localités du Mali
Localités de Mauritanie
Localités de Gambie
Localités du Sénégal
Méteorologie Soninké
Environnement
Informations
Soninkara Blogs
Ressources
Fichiers PDF
Autres liens
Forum Soninkara
Photos Soninkara
Annuaire Soninkara
Livre d'or Soninkara
Contributions Soninkara
Crédits Soninkara
Nous contacter
Forum Soninkara
Login :
Password:
S'inscrire au Forum
Projets des émigrants


Migrations et développement

Les difficultés méthodologiques

En abordant ce travail je me suis tout d'abord heurté au problème de la quantification des migrants eux-mêmes, car malgré le recensement de 1990 et les quantifications annuelles des entrées et sortie du territoire français, les chiffres restent très problématiques. Ensuite, la documentation relative aux investissements des projets des migrants est quasi inexistante, tant dans le pays d'origine que dans le pays d'accueil. On comprend pourquoi l'estimation de l'incidence des micro-projets sur la dynamique globale de développement d'un ou plusieurs pays africains relève d'une gageure, ce d'autant plus que la région touchée par l'émigration est marginale et enclavée dans les trois Etats ; par ailleurs, les documents relatifs aux transferts de fonds des banques sont d'accès difficile, et que somme toute, ces transferts ne constituent qu'une faible partie des transferts globaux. On peut ajouter à ce tableau déjà sombre le dysfonctionnement chronique des services postaux en Afrique, ce qui explique la confiance limitée que les citoyens placent en la poste et les poussent aux transferts individuels de fonds ; ce comportement économique dit irrationnel s'avère en tout cas dangereux dans le contexte actuel d'insécurité qui prévaut dans les pays du Sahel.

Par ailleurs, mise à part les trois pays du Sahel, peu de travaux sur les projets de immigrés africains dans leurs pays d'origine sont réalisés, ce qui nous a handicapé et empêché d'élargir le champ de ce travail. Ce qu'on peut ajouter, c'est que les responsables de l'Etat français et des organismes de recherches n'encouragent nullement les étudiants et chercheurs africains désireux de se frayer des voies originales et autonomes de recherche sur leurs communautés. Les recherches sur l'Afrique et l'immigration africaine en particulier sont commandés par les orientations de la France qui sont souvent liées à la conjoncture politique et non aux intérêts des communautés africaines.


Les changements économiques induits par l'émigration


L'impact des projets dans les régions à fort taux d'émigration

L'impact économique

Les changements économiques induits sont de deux ordres, tout d'abord ceux provoqués par les actions individuelles comme l'aide alimentaire aux familles, la construction des maisons familiales, l'épargne hors circuit bancaire, etc... c'est tout ce qui ne touche pas directement à un projet économique ; ensuite nous avons les effets directs des projets économiques. Cependant les deux types de réalisations activent l'activité économique car l'aide alimentaire aux familles soutient les coopératives d'achat, augmente le niveau de vie et diversifie la consommation et les besoins villageois ; la construction d'une maison, d'une mosquée, ou d'une école crée des emplois de maçons, de manoeuvres journaliers, et augmente la demande de matériaux de construction dans la région ; ce qui augmente le trafic routier et pousse les autorités à aménager les infrastructures. Par exemple une étude réalisée par Leader Price en collaboration avec un GIE de Bakel montre que dans cette ville on consomme plus de produits de luxe par habitant qu'à Dakar.

Les coopératives de migrants dans la région du fleuve ont apporté une véritable révolution copernicienne tant dans les habitudes alimentaires que dans les techniques culturales, ou dans celui des variétés cultivées dans la zone. Au niveau de l'organisation du travail ils ont apporté des nouveautés que nous analyserons plus loin dans le volet social, ainsi que dans le domaine de la lutte contre l'émigration.


L'impact socioculturel

Dans la région du fleuve le visiteur qui y arrive pour la première fois est frappé par les constructions en ciment et les toits de zinc des maisons, ainsi que par les flamboyantes mosquées visibles à plusieurs lieues du village. La différence avec les autres régions est frappante ; même si tous ces changement ne sont pas heureux, l'aspect physique du village a changé.

La configuration des quartiers n'obéit plus aux relations sociales traditionnelles entre les différentes castes du village ; au Sénégal, c'est la communauté rurale qui en principe décide dorénavant des zones constructibles et accorde les terrains. Le téléphone, l'électricité, la fosse sceptique, la télévision, la radio et tous les moyens de communication modernes surgissent dans les villages Par le biais de ces moyens de communication, les traditions subissent l'assaut des cultures dominantes des villes comme celles des Wolof du Sénégal ou des Bambara du Mali. A la télévision on regarde Dallas et Dynastie, tout comme le Grand Maghal de Touba.

Dans les villages le mode vestimentaire s'est diversifié, et l'alimentation locale à base de mil et de déré a cédé le pas au riz au poisson, poisson venu de la mer au lieu du fleuve. L'Agriculture s'est trouvée dépréciée et une mentalité de dépendance de l'émigration s'est installée. Les organisations villageoises servant de relais à l'action des migrants renforcent cette dépendance collective de la migration, car elles n'entreprennent rien au village, qui ne soit financé par les émigrés.

Les rapports familiaux se sont transformés, celui qui vit et travaille en France est valorisé et on lui accorde volontiers la main d'une jeune fille plutôt qu'au pauvre paysan resté au village. Désormais, la coopérative est devenue le grenier de chaque maison ; et ce sont les migrants qui remplissent les greniers et non plus les récoltes des "grand champ" de la famille, cultivé jadis sous l'autorité du kagumé, c'est-à-dire le plus âgé et le plus haut placé dans la généalogie familiale. Ce pouvoir du cadet de passer commande à la coopérative à partir de Paris accélère les mutations dans les rapports cadets aînés. Ces rapports sont de plus en plus dominés par le pouvoir économique des migrants. On peut affirmer, sans risque de se tromper, que dans la région du fleuve, l'émigration joue dorénavant un rôle moteur dans la reproduction sociale, tout en contribuant paradoxalement à transformer radicalement les bases culturelles de la société soninkée.

Les migrants pour échanger efficacement avec les villages, ont, dès l'époque de la construction des mosquées, créé des structures-images dans les villages et dans les capitales. Dans les capitales, ils ont renforcé le rôle de "la chambre du village," s'il en existe, et les structures-images qui y fonctionnent facilitent la fonction relais avec le village. Les villageois installés dans la capitale s'occupent de tout ce qui est administratif concernant par exemple les envois de containers remplis de médicaments ou de livres au village.

Quant aux structures-images implantées au village, elles réalisent selon leur domaine de compétence, les différents projets dans une dialectique d'échanges complexes d'informations avec les groupes de référence des émigrés, par exemple le groupe qui s'occupe de la pharmacie peut être différent de celui qui s'occupe de l'école, ou de la coopérative d'achat, en tout cas, tous les groupes travaillent en collaboration étroite avec le chef de village et son représentant en France. L'idée d'un projet, selon le cas, peut provenir du village ou des émigrés ; elle est soumise ensuite aux deux assemblées villageoises ( celle de France et celle du village) avant d'être adoptée et mise en pratique.

La synergie d'échanges en tous genres avec les villages a impulsé le regroupement de plusieurs villages dans la migration et au pays en vue de coordonner leurs efforts à travers des projets plus lourds ; des fédérations d'associations villageoises et des réseaux sont nés de cette collaboration comme Jama-jigui, Guidimaxa-Jikké, Jombouxou, Gajaga, ou le "Réseau des associations pour le développement du fleuve Sénégal" initié par l'institut PANOS, dont l'objectif, semble t-il, est d'améliorer les conditions du partenariat, de la vie associative, de la formation, et une meilleure information entre partenaires. L'institut PANOS jouerait la fonction d'appui institutionnel, elle collabore déjà avec le centre de formation de Bakel, et la Radio rurale de Kayes. Ce réseau de fait, englobe le GRDR, l'UNESCO, les différents bailleurs de fond comme les ministères et les ONG qui ont pignon sur rue en Afrique.

Ces échanges avec les villages ont créé des lieux de pouvoir et de négociation collective où quelques individus tentent de remettre en cause les anciens rapports de domination entre les nobles, leurs descendants d'esclaves et leurs artisans ; mais l'imaginaire populaire, malgré ces changements économiques n'a pas encore changé dans bien des domaines concernant les relations sociales. Même si l'on fait de plus en plus appel aux capacités et aux compétences individuelles des cadets et des groupes dominés, (surtout en France) l'endogamie de caste, tout comme l'allégeance des cadets envers leurs aînés et des descendants d'esclaves et niaxamala envers les nobles, demeurent des pratiques implicites encore vivaces.

Les effets économiques des projets sur le développement des pays d'origine

Les effets économiques

Les mandats, les virements bancaires, l'argent sous le manteau, etc... tous ces mouvements de capitaux vers le pays d'origine, constituent une source providentielle de devises pour les pays en développement. Ces devises contribuent efficacement à la recherche d'équilibre des budgets nationaux.

L'émigration stimule l'activité bancaire, le commerce, le bâtiment et le transport au niveau national, malgré la faiblesse des taux nationaux d'émigration vers l'Europe et la France, surtout depuis 1975. Mais le dynamisme des régions d'émigration crée des emplois, attire d'autres nationaux, stimule les usines de production de ciment et de des matériaux de construction du bâtiment et des travaux publics. Les migrants achètent des maisons dans la capitale, investissent dans le commerce, le transport comme les taxis et les minibus. On ne dispose pas dans les statistiques nationales de données spécifiques à ces investissements, qui, me semble t-il, sont considérés comme des investissements intérieurs qui contribuent en tous les cas à l'augmentation du revenu national.

Les effets socioculturels et institutionnels

Au niveau national, les projets des migrants contribuent au développement de l'esprit d'initiative des nationaux. Les institutions nationales intègrent de plus en plus la donnée migratoire en créant des ministères, des secrétariats d'Etat, ou des hauts conseils chargés des émigrés. Le rôle politique, syndical, et socioculturel des émigrés n'est plus à démontrer surtout quand ils retournent avec des projets novateurs dans des domaines comme la mode, l'animation culturelle, la création d'ONG dits du sud, ou des coopérative de production sur la vallée du fleuve.
Les émigrés ont élargi les liens entre pays d'origine et d'accueil grâce aux réseaux de solidarité créés avec les institutions françaises, les collectivités locales, les institutions européennes et les ONG de tous les pays du monde.
Rechercher...
Google


Sondage

Votre artiste Soninké préféré est...

Résultats | Archives


Partenaires...


Formation referencementSoninkara est reférencé dans la Catégorie Société : Peuple et Communautés Annuaire

Pub



Dim. 6 Juil. 2008 - 04:57