Yougou Khassé Dinga, ancêtres des Wagué, soninké de la région de Nara, fondateurs de l’empire du Ouagadou serait originaire de l’Inde (Hindi)

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En écoutant les récits traditionnels saraklolé, nous découvrons toujours avec beaucoup de plaisir et intérêt la fameuse légende de Mama Dinga, fils de Kridio Tagamanké et petit fils de Yougou Doumbessé. Cet homme est considéré comme l’ancêtre des Wagué, de la région de Nara, fondateurs de l’empire du . serait originaire de l’Inde (Hindi), mais sa ville natale était Sonan (Assouan) en Egypte. Les guesséré mémoires vivantes de l’histoire du peuple sarakholé récitent ses louanges en proclamant : « bienvenue à Dinga de l’Inde ! Bonne arrivée à Dinga de Kridio ! Soit le bienvenu du Dendi ! »

Enfin, ces généalogistes concluent toujours en annonçant : « Dinga yamaninké ! » (Le yéménite). Plusieurs sources qui se recoupent disent que ce vieillard (Yougou Khassé) qui fut plus que centenaire était lieutenant d’un pharaon (Egypte). Les noms de ville et région citées plus haut indiquent le périple de l’ancêtre des sarakholé du Yémen en passant par la Mecque, la Palestine pour aboutir en Afrique de l’Ouest, au , précisément.
Les Wagué, enfant de Mama Dinga : Les descendants de Mama Dinga Khôrè furent les Wagué : par ordre d’âge : les Sokhona, la branche aînée. Il y a ensuite les Bérété, puis les Diané. Viennent après les Khouma, les Touré et enfin les (cadets de la famille impériale). Ces enfants du patriarche soninké se succèderont au pouvoir du début à la fin de l’empire du Ghana. On les appellera , . Ces deux termes signifient roi ou empereur. Le titre Ouagadou Niamey leur sera aussi attribué.

Cette appellation correspond à l’expression enfant authentique du Ouagadou ; en bamanankan, Ouagadou yèrè wolo ; une personne née de parents authentiques qui n’étaient ni des captifs ni des enfants adultérins et portaient le même patronyme (diamou). Wagué, nous l’avons déjà souligné veut dire « généreux, l’homme par excellence, l’aristocrate qui sait faire preuve de retenue et de dignité. C’est quelqu’un qui aide sans demander de rémunération ». Les Wagué, nous dit la tradition, n’ont pas accumulé de fortunes pour eux-mêmes. Ils portaient le titre de Ouagadou Niamey. Ce surnom leur a été donné en hommage à la reine Niamey après l’avènement de Kangué Maghan (Kaya Maghan).

Cette femme fut l’aïeule des premiers fils de roi (tounkaremmé) du Ouagadou. Mais qui était elle ? D’après Adam Ba, « cette femme vivait dans la vallée du Nil à Korotoumou (Khartoum) il y a de cela six mille ans. Son père guerrier chasseur l’appelait Mami. Niamey était enfant unique. Quand elle atteignit seize ans, une grande sécheresse s’abattit sur le pays. La jeune fille revêtit alors les habits guerriers de son père. Elle lui annonça qu’elle partait en guerre sans doute pour se faire du butin et atténuer ainsi les effets néfastes de la sècheresse. Elle monta sur son merveilleux cheval Savané.

Cette bête parlait aux hommes, c’était un cheval blanc ailé tombé du ciel pour elle. Niamey combattit l’ennemi sur son cheval. Le sang coulait à flot, le cheval devint rouge de la couleur du sang. Il devint un cheval alezan. Il plut cette année.». S’agissant toujours des descendants de Mama Dinga, il en eut beaucoup. Le patriarche soninké contracta de nombreux mariages, il eut des enfants métis en Egypte (les Bérété, soutiennent les griots).

Et « c’est pour défendre son droit ainsi que celui de ses enfants métis d’accéder au trône de l’Egypte que Dinga émigra en Afrique de l’Ouest la tête de ses partisans…. ». A il vécut vingt sept ans avec Tafé Marcoussi sans avoir d’enfant. Quand il transféra à Dia, il épousa Assakhoulé Souloro qui lui donna trois enfants. Yougou Khassé Dinga maria aussi les trois filles de son allié Fatounganné, le génie de la mare de Diokha. La deuxième Katana Boro eut cinq fils : Maghan Diabé, Maghan Tané Fankanté, Maghan Mamari, Maghan Kaya.

Un des enfants du patriarche se nommait Térékhiné Sokhona. Il ne régna pas, mais Djambéré Sokhona de la même lignée que lui devint empereur du Ouagadou. Pour terminer ce volet, ajoutons à la liste des Wagué tounka de l’empire soninké les noms de quelques uns : Ménin, Bessi Cissé, Kanissa. Il y a un détail qui surprendrait beaucoup de personnes. Le père du tounka doré Kaya Maghan Cissé se nommait Bentigui Doucouré (oui, vous avez bien lu).

Les Cissé : Le cheval a été un élément déterminant dans les guerres de conquête et d’expansion de l’empire du Ghana. Plusieurs noms soninké sont relatifs à cette bête (si) qui fut un animal royal et le pilier des armées soudanaises : Sylla, Sissako, Simaga (cheval royal) Souaré (cheval tacheté) Yaressi (dérivé de l’expression sarakholé : a daga yaré sinou ga = il est allé se promener avec les chevaux), Sadessi, Simpara…

N’oublions pas celui qui nous intéresse en priorité : Cissé. Il signifie propriétaire du cheval blanc, allusion faite à Kaya Maghan au moment où le Ouagadou était à son apogée. Tounkara qui accompagne souvent Cissé veut dire tout simplement « la famille impériale » (tounka = roi, empereur ; ra = famille, chez). On pourrait traduire ce nom par le terme : la famille du tounka, chez le souverain. Qui pouvait en ces temps lointains se vanter de ce titre élogieux ? Etaient Cissé, les tounka du Ouagadou. Ils gouvernaient avec retenues.

Mais c’étaient véritablement les maîtres du pays. Leur autorité était incontestable au moment où l’empire brillait de mille feux. Cissé sera plus tard tout un symbole. Il incarnera trois choses : le pouvoir, le savoir-faire et le savoir. Porteront le nom Cissé les forgerons possédant parfaitement la maîtrise de leur art. Ils furent les fabricants d’armes des guerriers. En même temps, ils confectionnaient les outils de travail dont les différentes couches socioprofessionnelles du pays avaient besoin. Leur labeur quotidien assurait la prospérité, la sécurité et la paix.

Les grands marabouts, les érudits seront honorés du titre Cissé. Chez les Foula et devenaient Cissé, les personnes reconnues pour leur maîtrise absolue du coran. Au Macina, à cause de l’instruction religieuse très approfondie du marabout Sékou Amadou Barry qui, à Soy, porta un coup fatal à la dynastie païenne des Ardo (Dicko) sous le règne de Hamadi Dicko (19è siècle) le clan des Barry est encore surnommé Cissé Barry.

Tous les Soninké du clan des Cissé se réclament de la reine Niamey. Plusieurs hommes aussi bien que les femmes portent ce nom par lequel commence la devise, le chant de louanges des valeureux Cissé. « Cissé, kharessi Ouagadou Niamey ! Ala y’i to a ka massaya la, ka sanou sandji djigui aw kan, ka wari sandji djigui aw kan, ka loulou sandji djigui aw kan, ka tila ka danganaya djigui aw kan. Solu yô, san ba djimbé ! Niamey gnara ! Solou yô ! ».

Cissé de la race de ceux qui savent renoncer ! Dieu, dans sa grandeur et son omnipotence, a fait descendre pour vous une pluie d’or, une pluie d’argent, une pluie de diamants. Il a fait ensuite pleuvoir pour vous la foi. Oh, cheval de la grandeur de pluie. Niamey a été une bonne créature). A suivre…


Posté   le 02 May 2008   par   biko

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