Détournement de fonds au Lycée de Diawara

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En 2011, le Collège de (dans le département de Bakel), avait défrayé la chronique, suite au détournement de plus de 16 millions de nos francs, par l’ancien Principal, feu Baldé. Grâce au dynamisme de la société civile représentée dans cette localité par l’association CORÉDIA (Comité de Rénovation de ), l’affaire a été ébruitée et il fut organisé une mobilisation sans précédent dans le département, qui a conduit l’administration, à savoir l’IA de Tambacounda (l’Inspection Académique, restée inerte et sourde avant le soulèvement de la population), à prendre des mesures urgentes.

Les parents, représentés par l’APE (Association des Parents d’Élèves), les élèves et tout le monde à Diawara, pensaient qu’une telle chose ne pourrait plus avoir lieu dans la localité. Naïveté.

En effet, en 2015, soit 4 ans après, le mal ressurgit. Car lors de la rentrée scolaire 2014-2015, le s’est vu affecté un nouveau proviseur du nom de , originaire de Tamba. Mais en un trimestre, ce proviseur a détourné plus de 14 millions de nos francs qui découlaient des inscriptions, des frais pour les blouses et autres. Le étant le deuxième de la région après celui de Tamba, avec près de 1500 élèves pour une inscription par élève qui s’élève à 7.500 f, ainsi que l’achat de blouses à 5.000 f pièce. Soit près de 19.500 f par élève (en incluant d’autres frais annexes), pour ceux qui sont en année de baccalauréat.

La population soupçonne le proviseur d’avoir des complices dans ce détournement, d’autant plus que la confection des blouses a été confiée à un de ses anciens élèves (lorsqu’il était enseignant à Tamba), un certain Omar Diarra (actuellement poursuivi au tribunal pour menaces de mort à l’encontre du président de l’association Corédia), commerçant ayant une boutique Kirène (téléphonie mobile, filiale d’Orange Sénégal) à Diawara, ensuite ce dernier a confié les tenues à l’atelier de couture que sa femme gère à Tamba. Sauf que, aucune blouse n’a été livrée à la totalité des élèves, les premiers échantillons qui sont arrivés sont d’une imperfection sidérante, et parmi  lesquels des mini-jupes et des hauts qui laissent carrément les jeunes filles à moitié dénudées.

À la suite de ce détournement de fonds, le Lycée de Diawara est aujourd’hui sans électricité et sans eau, car aucune facture n’a été réglée depuis près d’un an maintenant. Pourtant, c’est l’association Corédia qui avait financé, il y a quelques années, les branchements en eau et en électricité de ce lycée, sans aucun apport financier de l’État. Cet absence d’éclairage et d’eau dans les robinets, expose les enfants dans l’insécurité et dans une situation sanitaire inquiétante et qui devrait interpeller les pouvoirs publics, car il s’agit là de la santé des enfants.

En fait, le Lycée et le Collège de Diawara accumulent les maux, les tares et les problèmes. Et tout ceci conduit inexorablement à une situation comme celle que nous constatons actuellement. Nous avons un groupe de professeurs (dont certains sont là depuis 8 à plus de 10 ans!) qui ont mis en place une sorte de système mafieuse qui consiste à sous-noter les élèves et du lycée et du collège, pour ensuite manipuler les parents de ces derniers, afin qu’ils inscrivent leurs enfants dans une espèce d’école privée qu’ils ont mise parallèlement en place. En plus de la manipulation des notes des élèves à dessein, ces mêmes professeurs utilisent les matériels didactiques du lycée ou du collège, ainsi que les fournitures, pour entretenir leur établissement privé. Il y a deux ans, certains de ces professeurs ont tenté de déstabiliser l’ancien proviseur au risque de le violenter physiquement, M. Malal Diallo, lorsqu’il a tenté de mettre un terme à ces pratiques de ces professeurs, d’ailleurs à l’époque une plainte fut déposée au tribunal départemental de Bakel, elle a ensuite été retirée à la suite de ce «masla» à la sénégalaise, ce hideux procédé qui n’est rien d’autre que de l’hypocrisie. Il y a également eu des cas de grossesses qui sont du fait de professeurs et qui n’ont jamais été sanctionnés par les autorités, des grossesses ayant conduit des jeunes filles mineures à abandonner les études, et ce, au moment où notre association, et le gouvernement du Sénégal, s’efforcent de mettre en place des actions favorisant le maintien des jeunes filles dans le système scolaire à Diawara. Le plus récent détournement de mineure date de 2014, et ce professeur a continué à enseigner malgré tout dans ce même lycée, où élèves et collègues enseignants sont au courant du forfait commis. Nous sommes là, clairement dans la promotion de l’impunité, tant dénoncée par le Président Macky Sall. C’est aussi ça la violence faite aux femmes, car on prive une enfant de sa scolarité, son avenir est par ce fait hypothéqué .

En définitif, la population de Diawara par la voix de son association le Corédia, sa diaspora qui investit des millions dans l’enseignement scolaire de la localité, exigent la mutation des quatre professeurs qui sont à l’origine et la base même des maux que connaissent le lycée et le collège de Diawara, leurs noms ont été communiqués dans nos différents courriers depuis juin 2015, à M. Alassane Niane, inspecteur-chef de l’Inspection Académique de Tambacounda, et il est temps qu’il procède à l’assainissement du lycée et du collège de Diawara.

Depuis plus de 3 mois, des demandes en ce sens ont été formulées auprès de M. Alassane Niane, pour lui signifier le refus de la population de voir le proviseur et ces quatre enseignants (qu’il connaît très bien) d’exercer leurs fonctions à Diawara.  Certes, c’est chose faite pour le proviseur Bakary Traoré qui a été récemment relevé de ses fonctions, mais nous attendons qu’ils agissent rapidement en ce sens pour ces quatre professeurs, ou du moins les muter et prendre des mesures conservatoires contre eux.

Il est temps que chacun prenne ses responsabilités et que l’impunité cesse, surtout dans une institution qui est censée former les citoyens de demain. Cela suffit maintenant !!!

Auteur de l’article : Bureau Exécutif de l’association CORÉDIA / contact : [email protected]

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