La Déclaration universelle des droits de l’homme en Swahili.

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Depuis quelques années déjà, le swahili est la langue des Africains, de l’Union africaine, langue de travail au même titre que le Français ou l’Anglais dans les organisations internationales comme l’Unesco. Force est de constater que, même si l’on pourrait à raison avoir plus de choses à reprocher qu’à retenir de l’action des institutions supranationales africaines, il est des domaines dans lesquels les Africains, les Panafricains, les Afrodescendants devraient s’autosaisir et mener des actions positives concrètes. Et guère nécessairement coûteuses. Alors que l’une des langues les plus anciennes des civilisations africaines n’est pas (encore ?) susceptible de vocalisation en l’état, l’Egyptien ancien en l’occurrence, ainsi que le disait Cheikh Anta Diop qui en faisait une utilisation didactique (savante) pas sociale, il serait peut-être opportun de s’attaquer au Swahili et fluidifier par la langue les acquis de la conscience historique de l’unité africaine. Ceci ne réduit en rien le devoir d’intensifier la réappropriation du patrimoine linguistique nègre dans son ensemble, la richesse même de la diversité nègre.

Langue bantu aux nombreux apports, bantu, arabes, portugais, anglais, …, parlée par des millions de locuteurs africains, admise sans trop de dissensions dans les organisations supranationales, cette langue pourrait constituer un des ciments qui manquent probablement à une communication accrue des Africains entre eux et à une prise de conscience sérieuse des défis communs.

Pour nous entraîner à cette appropriation qui ne sera pas trop tôt venue, en empruntant au site Internet http://www.tlfq.ulaval.ca  que nous saluons pour son initiative, nous présentons la traduction dans la langue panafricaine de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il nous tarde de préciser cependant que la référence africaine probablement la plus ancienne connue de l’époque contemporaine en matière de protection des droits fondamentaux serait plutôt «La Charte du Mandé» lue lors de l’intronisation du légendaire roi du Mali Soundiata Keita en 1222. La traduction de ce texte trop peu diffusé étant indisponible pour le moment, on se contera provisoirement de la version DDH européenne, malgré ses imperfections.

Kifungu cha 1
Watu wote wamezaliwa huru, hadhi na haki zao ni sawa. Wote wamejaliwa akili na dhamiri, hivyo yapasa watendeane kindugu.
 
Article 1er
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Kifungu cha 2
1) Kila mtu anastahili kuwa na haki zote na uhuru wote ambao umeelezwa katika Taarifa hii bila ubaguzi wo wote. Yaani bila kubaguana kwa rangi, taifa, wanaume kwa wanawake, dini, siasa, fikara, asili ya taifa la mtu, mali, kwa kizazi au kwa hali nyingine yo yote.

Article 2
1) Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

2) Juu ya hayo usifanye ubaguzi kwa kutegemea siasa, utawala au kwa kutegemea uhusiano wa nchi fulani na mataifa mengine au nchi ya asili ya mtu, haidhuru nchi hiyo iwe inayojitawala, ya udhamini, isiyojitawala au inayotawaliwa na nchi nyingine kwa hali ya namna yo yote.

2) De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Kifungu cha 3
Kila mtu ana haki ya kuishi, haki ya uhuru, na haki ya kulindwa nafsi yake.

Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Kifungu cha 4
Mtu ye yote asifanywe mtumwa au mtwana; utumwa na biashara yake ni marufuku kwa kila hali.

Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Reconnaissons que pour un premier contact avec la langue on aurait pu faire plus chaleureux, plus convivial. Dont acte. Dès maintenant vous saurez comment dire votre flamme à l’élu(e) de votre cœur : «Ninakupenda». Ni pour «je», «na» pour marquer le présent, «ku» pour la seconde personne du singulier, et «penda» qui signifie «aimer». Tout le monde est content et bientôt nous serons bilingues ou trilingues au swahili. Africa, Nakupenda, Afrique Je T’aime.

Posté   le 09 Oct 2007   par   biko

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