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La Mort du Serpent de Wagadou

Arrivé à son village, il alla voir son ami forgeron et lui demanda qu’elle était la nature de l’amitié entre l’homme et le singe. Le forgeron lui répondit que si l’homme jette son bâton sur le baobab et qu’il reste perdu dans les feuillages, alors le singe le lui rend. Et si le singe ne le lui rend pas, alors l’amitié sera rompue.

La raison de ma visite, dit Maadi, est que je possède un sabre et je veux que tu te consacres à l’affûter. Je loue tes services pendant une semaine. Ta nourriture et celle de ta famille sont à ma charge.

Toute la semaine, le forgeron se consacre à affûter le sabre de Maadi. A l’issue de la semaine, Maadi vient constater le résultat de son forgeron. Il fut satisfait de son travail et le remercia.

La veille de la nuit fatidique, Maadi dit à sa mère qu’il ne sait pas ce qui adviendra mais le Serpent ne mangera pas sa fiancée. Si cela devait arriver, il nous mangera tous les deux ou bien je tuerai le Biida de Wagadou. Avant de partir, je veux savoir si je suis le fils de mon père. Maadi, lui répondit sa mère, si j’ai connu un autre homme que ton père, alors pars et ne reviens jamais. Amiin, dit Maadi.

Il scella sa monture, et partit en direction du puits de Wagadou. Cette journée-là, on tressa et on le para avec une coiffure en or. On le pouponna et les griots chantent sa louange et celle des Yatébéré. Quand la nuit fût venue, la procession prit la direction du bois sacré où se trouve le pied. Arrivés devant le puits, on fit asseoir sur le tabouret en or. Avant de renter, les griots dirent :

– Siya nous allons rentrer et nous saurons demain si tu es propre ou pas. Comme tu le sais, si tu l’es, on ne te retrouvera pas assise ici. Mais si tu n’es pas propre, le Serpent ne voudra pas de toi.

– Griots de Wagadou, dit Siya, je ne sais pas ce que la nuit réservera à moi et au Biida mais sachez que je suis propre.

– Yatabéré, dirent les griots, nous retournons.

Siya resta assise des heures qui lui parurent une éternité puis tout à coup, elle sentit une présence et se retourna. Quand elle voit Maadi debout à côté d’elle, leurs larmes coulèrent. Elle lui dit :

– Tu as vraiment l’intention de détruire l’empire. Car si tu tues le Serpent, Wagadou ne recevra plus de pluie.

– Siya, répondit Maadi, notre déjà destin est scellé.

Il s’éloigna et alla se réfugier de l’autre côté du puits et attendit le moment fatidique. Puis arriva le moment où nulle goutte ne remue dans les canaris. C’est le moment où les esprits sortent, c’est le moment de l’ordre inverse, c’est aussi le moment où le Serpent prend possession de son offrande en raison du pacte qu’il avait lié avec DINGHA et ses enfants. Chaque année, Wagadou lui offre une jeune fille pure et en contre partie, il fera pleuvoir des pépites d’or.

Le possédait sept têtes. La première était en argent, la seconde en or, la troisième était de feu, la quatrième était noire, la cinquième était blanche, la sixième était rouge et la septième était normale.

Le Serpent sort toujours en premier la septième tête pour déterminer si sa proie est pure ou pas. Quand celle-ci est pure, il fait sortir successivement les sept têtes et ce dans l’ordre inverse. Mais si la fille qu’on lui a offerte n’est pas pure, il sort juste la septième tête et ne touchera pas à l’offrande.

Sachant tout cela, Maadi se tint prêt. Quand le Serpent sortit la septième tête, Maadi la lui trancha. Le Serpent sort la tête rouge et Maadi la décapita. Maadi réserva le même sort aux autres têtes jusqu’à la tête en or. Quand le Serpent sortit la dernière tête c’est-à-dire celle en argent, la nuit fut éclairée comme en plein jour. Maadi leva le bras et avant de frapper le Serpent, ce dernier lança un cri qui fut entendu de tout l’empire. Il dit : « je jure par le Seigneur de l’Etre à Sept Têtes, pendant sept années et sept mauvaises années, pendant sept mois et sept mauvais mois, et pendant sept jours et sept mauvais jour, Wagadou ne recevra pas une goutte de pluie et à plus forte raison des pépites d’or ». Maadi l’entêté lui trancha cette dernière tête. Le corps du serpent tomba dans le puits et Maadi dit à Siya :

– Voici ma chaussure gauche, le fourreau de mon épée, ma bague et « dannan koufoune » (bonnet). Si le lendemain on te demande des explications, montre-leur ces preuves et qu’ils parcourent l’Empire à la recherche du coupable.

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