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Une histoire du Boundou

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Selon les traditions, le a été fondé vers la fin du 15ème siècle par un marabout Toorodo Daouda Boucar, lui- même fondateur de Ciouma avec son frère Aly Boucar. Le Boundou fut le premier état théocratique au Sud du Sahara. Région frontalière et véritable carrefour de civilisation le Boundou semble avoir été occupé dès l’aube pléistocène (1,8 millions à 11 000 ans avant notre ère) à la suite de conditions géologiques et biogéographiques favorables. Très vite, il a fourni un milieu adéquat aux activités de l’homme préhistorique et est fait de nos jours le point d’ancrage du paléolithique au Sénégal. C’est d’ailleurs sur le site de GUITA à 40 Kms en amont de SARE entre KIDIRA et SENEDEBOU, qu’il a été découvert un hachereau typique, ce qui correspond au paléolithique inférieur (1 million à 200 000 ans avant notre ère). De même, sur les sites de NAYE, , … une industrie lithique riche et variée y a été découverte, ce qui atteste d’une part la succession de plusieurs civilisations et montre également que le Boundou a été le cadre de refuge, un lieu d’épanouissement de la culture avec une grande diversité ethnique.

La légende rencontre que lorsque Malick SY foula le sol du Boundou, il y trouva une vieille dame du nom de , assise auprès d’un puits traditionnel, seul point d’eau potable à mille lieux à la ronde. Coumba Ndaw, vivait avec les siens, les Faddubé, dont elle était la doyenne. Elle autorisa Malick SY et ses hommes à se désaltérer de l’eau du puits, dont elle était la gardienne. L’eau y était douce avec un goût de cristal. En guise de remerciement pour cette hospitalité spontanée, Malick Sy proposa à Coumba Ndaw de lui faire une margelle pour protéger les rebords du puits afin d’éviter les éboulements. En reconnaissance, Coumba Ndaw décide que désormais son puit s’appellera Boundou Coumba Banadou Boubou Malick Sy. Telle est la légende qui explique l’origine du nom Boundou, puits en Pulaar, qui donna son nom à cette contré devenu le Boundou Au delà du mythe, l’histoire de Coumba Ndaw nous édifie sur les premiers habitants du Boundou : les Faddubbé. A coté des Faddubbé, existait un autre peuple autochtone du Boundou dont les populations, selon la légende, vivait dans les grottes : les Guirobés. A cette époque ce territoire se trouvait dans la mouvance du défunt empire du Mali l’absence de toute structure politique organisée favorisa  l’établissement pacifique le Imam Malick Sy et de ses hommes. L’objectif de Imam Malick Sy était clair : continuer la propagation de l’Imam dans cette contrée et y ancrer l’enseignement du coran.

El Hadji comis expéditionnaire qui devient chef de canton du Boundou

Petit fils de l’Almamy , Roi du Boundou, El Hadj Hamady Séga Sy est né en 1912 à Sénoudébou, dans le département de Bakel. Agrée en qualité de Commis Surnuméraire par le décret numéro 3617 du 13 –  11 – 1930, il est nommé commis expéditionnaire le 1er Janvier 1933 et fut intégré dans le cadre commun supérieur des SAFC en 1945. Après avoir gravi, à la satisfaction des autorités coloniales d’alors, tous les échelons de la hiérarchie, il occupa les fonctions suivantes : De 1930 à 1935 : chargé du secrétariat au parquet du tribunal de première instance de Saint- louis. Il n’avait alors que 18 ans. De 1935 à 1937 : secrétaire des Tribunaux Indigènes (1ère et 2ème degrés) du Cercle de Bakel. De 1938 à 1941 : secrétaire Interprète des Tribunaux Indigènes du 3ème groupe des cercles du Bas Sénégal. Dagana, Louga, Linguère. Nommé Chef de Canton Stagiaire du Boundou Septentrional, le 29 Juillet 1941, puis titularisé un an plus tard. Le jeune fonctionnaire d’élite, Hamady Séga Sy, énergique, plein d’allant, vertueux fut un efficace auxiliaire de la Justice. Convoqué par l’autorité de tutelle pour l’essayage de tenues officielles entre- autres, sur le chemin du retour, El Hadji Hamady Séga Sy, en compagnie de son frère et ami , ont été ravis à notre affection le vendredi 17 Mars 1961, aux environs de 17h 30mn à hauteur de Koungheul à la suite du  renversement du véhicule du Député Maire Abdoulaye Bâ, à bord duquel ils se trouvaient. Un vendredi du mois bénit de Ramadan ; alors qu’il observait le jeûn et venait de sacrifier à la prière le vendredi à Kaolack. Il a été inhumé, avec les honneurs, dans le caveau familial de Sénoudébou, en présence des membres du  Gouvernement dont Maître Valdiodio Ndiaye, Ministre de l’Intérieur et Seydou Nourou Tall, chef Religieux.

On notera que le gouvernement avait mis à la disposition de l’ensemble des Sénégalais un train spécial de Dakar à Kidira pour les condoléances. Musulman fervent, l’image de El Hadji Hamady Séga Sy, père de famille rigoureux, attentionné à l’endroit des siens et de ses proches, restera gravée à jamais dans la mémoire collective des Sénégalais en général et des « Boundoukés » en particulier, par son abnégation, son amour du prochain, son sens de l’équipe proverbial et de son élégance. Sa renommée l’avait propulsé aux postes élogieux de membre du Conseil des Notables et du Conseil d’Administration de la Société de prévoyance et trésorier de l’Association des Anciens Chefs de Canton du Sénégal. Il venait d’accompli 28 ans, 2 mois et 16 jours de bons et loyaux services sanctionnés par les distinctions Chevalier du Nicham EL Anouar, Chevalier de l’Etoile Noire du Bénin, Chevalier de la Légion d’Honneur. Il laissa quatre (4) femmes et seize (16) enfants dont Monsieur Anoune Sy actuel Président d’Honneur du CODEB.

Par  Pape Demba Sidibé depuis tambacounda.info

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