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Le rêve du marabout Mamadou Lamine Dramé

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En tout cas, de retour de l’Hégire en 1878, il a la prestance, la voix sûre et passionnée, le visage serein ; et sa réputation de grand marabout ne tardera pas à être faite.

De retour de la , à quelques journées de marche de Tombouctou, le roi lui envoie ses soldats pour le capturer ; à la vue de la troupe, se prosterne vers la tombe du prophète avec détermination, imité dans ses gestes par le petit groupe d’accompagnateurs ensemble ils demandent la victoire à Allah. Il fonce ensuite vers le détachement ennemi qui resta paralysé par la témérité du marabout et le laissa passer. Il rejoignit Tombouctou qui lui ouvrit ses portes.

Il se rend ensuite à où le reçut à bras ouverts Tidjani, le neveu de El Haj Omar qui lui offrit en mariage une jeune esclave.

A Ségou il fut moins bien accueilli par le chef des croyants de l’Ouest et successeur désigné de Omar Tall. Il lui retire son épouse (offerte par son cousin à Hamdallahi) et le déclare « faux prophète ». A ses gardes il donne l’ordre de d’arrêter et d’exécuter Mamadou Lamine Dramé. Mais les hommes du Sultan non seulement refusent d’exécuter les ordres, mais se prosternent devant le saint homme. Décontenancé le marabout toucouleur décide de l »isoler dans les ruines d’un ancien village situé à quelques kilomètres de Ségou qui est devenu dès lors « Salam ». De « Salam » il se rendait régulièrement à la prière dans la mosquée du roi où il se fit beaucoup d’adeptes et de talibés…

Ahmadou jaloux envoya des guerriers sûrs brûler « Salam » de nuit et y assassiner Mamadou Lamine Dramé. Les soldats, selon la légende, furent reçus par huit grands poissons aux gueules grandes ouvertes… sur les palissades du village. Les soldats du sultan retournèrent à brides abattues à Ségou. Dépité, Ahmadou lui-même prend la tête d’une troupe et se rend au village où le même scénario se reproduisit… ses soldats s’enfuirent de nouveau et Mamadou Lamine Dramé lui jeta :  » fils de El Haj Omar, tu as renié ta foi, je t’adjure de rentrer dans ton palais ».

Fin mai 1885, Ahmadou s’absente de Ségou et confie le pouvoir à son fils Mad’hani qui alla trouver le marabout à Salam pour le libérer malgré « la désapprobation de mon père » dit le jeune roi.

« Qu’Allah te bénisse, j’attendais ce moment depuis si longtemps » lui répondit le marabout en guise de reconnaissance.

Mamadou Lamine Dramé rêvait de reconstituer l’empire d’El Haj Omar dont le fils Ahmadou s’est discrédité à ses yeux. Il rêvait de recréer l’empire du Wagadu sur les territoire occupés par les 50 000 vivant dans les royaumes jouxtant le Niger, le Sénégal, la Falémé jusqu’aux contreforts du Fouta Jaalon, de la haute Gambie, et de la Casamance, en passant par le Boundou et la Bambouck où sont dispersés des mélangés aux autres populations des villages.

Un événement va marquer le jeune Mamadou Lamine Dramé, vers 1860, le Kamméra musulman envahit Gamon, ville prospère du Tenda, et Mamadou Lamine Dramé est fait prisonnier pendant plusieurs mois et jure de se venger.

Avant d’aller à la Mecque, il séjourna au Fouta Tooro ancien foyer de l’Islam et connut Abdou Boubacar roi du Fouta qui deviendra en mai 1886 l’ennemi du marabout en envoyant des troupes au Guidimaxa en échange d’une vague promesse du commandant Combes de lui céder le Damga après le guerre. C’est du Fouta que Mamadou Lamine Dramé partit pour la Mecque (en 1871 ? ).

En juin 1885 après Ségou, il se rend à Niamina où il est salué comme le Mahdi, puis à Toubacoura où les notables lui demandent de lever une armée contre Ahmadou. A partir de Bamako il suit les postes français en passant par Koundou, Kita, Bafoulabé (où le lieutenant Savage se montre méfiant envers le marabout). Mais à Médine le lieutenant-colonel Frey commandant supérieur du haut fleuve s’assure de « l’allégeance » de Mamadou Lamine Dramé et de son hostilité à Ahmadou.

Retour fastueux à Goundiourou où il est reçu par le roi du Khasso Dioukha Sambella. Sa renommée est déjà grande dans tous les pays soninkés. Avant son départ pour le Niger, Frey convoque Malamine à Kayes pour s’assurer de ses intentions pacifiques. Le marabout le rassure et lui fait part de son intention de se rendre à Bakel pour une visite de courtoisie. Il a l’aval du lieutenant-colonel à condition que ses accompagnateurs ne soient pas armés.

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